Discours sur l'Etat de l'Union 2018 : l'heure de la souveraineté européenne

Ce mercredi 12 septembre, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a prononcé son quatrième discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen. Retrouvez le texte intégral du discours, les documents liés et les annonces de la Commission ici.

Lors de ce discours, le Président Juncker a insisté sur le fait que ce discours ne constitue pas le bilan de la Commission qu’il préside depuis 4 ans puisque « le travail continue pendant les 12 mois à venir pour faire de l’Union européenne imparfaite une Union chaque jour plus parfaite. Il reste des choses à faire et c’est de cela que je voudrais vous parler ce matin. »

Voici quelques morceaux choisis de son discours.

L’Union européenne, garante de paix

Lors de ce discours, il a rappelé que L’Union européenne est garante de paix et qu’il est donc essentiel de mieux respecter l’Union européenne. Il est temps de dire oui au patriotisme qui n’est pas dirigé contre les autres. et dire non au nationalisme surfait qui rejette et déteste les autres, qui détruit, qui cherche des coupables au lieu de chercher des solutions qui nous permettent de mieux vivre ensemble. En effet, le pacte fondateur de l’Union européenne – plus jamais la guerre – reste une ardente exigence, une ardente obligation de vigilance qui s’impose chez nous et autour de nous. 

Quel est l’état de l’Union européenne aujourd’hui, en 2018 ?

Dix ans après Lehman Brothers, l’Europe a largement tourné la page de la crise économique et financière et a connu une croissance ininterrompue sur 21 trimestres. L’emploi reprend des couleurs, avec près de 12 millions d’emplois créés depuis 2014. Jamais autant de personnes – 239 millions d’hommes et de femmes – n’ont été au travail en Europe. Le chômage des jeunes s’élève à 14,8%. Ce chiffre reste trop élevé, mais il se situe à son plus bas niveau depuis l’an 2000. L’investissement est de retour en Europe, grâce notamment au Fonds européen pour les investissements stratégiques, qui a généré 335 milliards d’euros d’investissements publics et privés.

L’Europe a aussi réaffirmé son statut de puissance commerciale. La puissance commerciale mondiale n’est rien d’autre que la preuve de la nécessité de partager nos souverainetés. L’Union européenne a aujourd’hui des accords commerciaux avec 70 pays. Ensemble nous représentons 40% du PIB mondial. Ces accords – très souvent contestés – nous aident pourtant à exporter vers les autres parties du monde des normes européennes élevées en matière de sécurité alimentaire, en matière de droit du travail, en matière environnementale, et en matière de droits des consommateurs. L’Europe, là où c’est nécessaire, doit agir comme un seul homme.

Une responsabilité globale

Nous ne pouvons pas relâcher nos efforts pour bâtir une Europe plus unie. L’Europe peut exporter la stabilité, comme elle l’a fait avec les élargissements successifs de l’Union, qui pour Mr Jncker sont et restent des succès, parce que nous avons réussi à réconcilier la géographie et l’histoire européennes. Mais il reste des efforts à faire. Nous devons définir d’une façon irrévocable notre attitude vis-à-vis des Balkans occidentaux autrement d’autres se chargeront de façonner notre voisinage immédiat.

Regardons aussi autour de nous. Ce qui se passe, à l’heure où nous sommes, à Idlib en Syrie, doit être pour nous tous une cause de préoccupation profonde et immédiate. Nous ne pouvons pas rester silencieux face à l’imminence d’un désastre humanitaire qui en fait est un désastre annoncé.

Le conflit syrien illustre comment l’ordre international dont les Européens ont su bénéficier depuis la Seconde Guerre mondiale est de plus en plus remis en cause. Pour le reste, dans le monde d’aujourd’hui, l’Europe ne peut plus avoir l’assurance que les engagements qui furent pris hier seront encore tenus demain. Les alliances d’hier ne seront peut-être plus les alliances de demain.

L’heure de la souveraineté européenne

Le monde d’aujourd’hui a besoin d’une Europe forte et unie.

Si l’Europe se rendait mieux compte de la puissance politique, économique et militaire de ses nations, nous pourrions abandonner le rôle exclusif de payeur global. Nous devons devenir davantage un acteur global.

Seule une Europe forte et unie peut protéger nos citoyens des menaces intérieures et extérieures – du terrorisme au changement climatique. Seule une Europe forte et unie peut préserver les emplois dans un monde ouvert et interconnecté. Seule une Europe forte et unie peut maîtriser les défis de la numérisation mondiale.

Nous, Européens, parce que nous sommes le plus grand marché unique au monde, nous pouvons établir des normes pour les mégadonnées, pour l’intelligence artificielle, pour l’automatisation, tout en défendant nos valeurs, les droits et l’individualité de nos citoyens. Nous pouvons le faire si nous sommes unis.

Une Europe forte et unie permet à ses Etats membres de décrocher les étoiles. C’est grâce au programme Galileo que l’Europe reste dans la course  à l’espace. Aucun Etat membre n’aurait pu mettre en orbite 26 satellites dont bénéficient déjà aujourd’hui 400 millions d’utilisateurs dans le monde. Galileo est un succès d’abord, sinon exclusivement, européen.

La géopolitique nous apprend que l’heure de la souveraineté européenne a définitivement sonné.

La souveraineté européenne provient de la souveraineté nationale de nos États membres. Elle ne remplace pas ce qui est propre aux nations. Partager nos souverainetés – là où il le faut – rend chacun de nos états-nations plus fort.

Cette conviction qu’«unis nous sommes plus grands» est l’essence même de ce que veut dire faire partie de l’Union européenne.

La souveraineté européenne ne sera jamais dirigée contre les autres. L’Europe doit rester un continent d’ouverture et de tolérance. Elle va le rester.

L’Europe ne sera jamais une forteresse tournant le dos au monde et notamment au monde qui souffre. L’Europe ne sera jamais une île. L’Europe doit et va rester multilatérale. La planète appartient à tous et non seulement à quelques-uns.

Un partenariat avec l’Afrique

D’ici à 2050, l’Afrique comptera 2,5 milliards d’habitants. Une personne sur quatre sera africaine.

Nous devons investir davantage dans nos relations avec ce grand et noble continent et ses nations individuelles. Nous devons arrêter d’envisager cette relation entre l’Afrique et l’Europe comme si nous n’étions qu’un donneur d’aide au développement. Une telle approche serait insuffisante. En fait, humiliante.

L’Afrique n’a pas besoin de charité, elle a besoin de partenariat équilibré, d’un vrai partenariat. Et nous, Européens, avons besoin au même titre de ce partenariat.

Des initiatives proposées

En marge du discours, 18 initiatives concrètes ont été proposées, ayant pour thèmes la migration et les frontières, la sécurité, des élections libres et sûres, le partenariat de l’Union européenne avec l’Afrique, et l’Union européenne en tant qu’acteur mondial. Ces propositions visent à permettre l’obtention d’avancées concrètes pour les citoyens d’ici au sommet de Sibiu, qui aura lieu en mai 2019, et dans la perspective des élections européennes de 2019.

 

UNE QUESTION UNE DEMANDE ?
Contactez-nous !

Les champs marqués d'un * sont requis.